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Togo / corrupteurs et corrompus Les profils…Et après ?

La Haute Autorité de Prévention et de Lutte Contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) a commandité un rapport d’étude sur la perception et le coût de la corruption au Togo (EPCCT). Présenté le
jeudi 6 août dernier, ce rapport dont le volet quantitatif a été réalisé par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) lève, dans son ensemble, un coin de voile sur le profil des
corrupteurs et des corrompus au Togo. Sur le banc des accusés, se retrouvent les riches, les puissants hommes de tous les secteurs, les agents de la Justice, puis les financiers ou comptables. Si l’opinion nationale se réjouit relativement de ce rapport qui, objectivement, semble défoncer une porte déjà ouverte, elle reste tout de même sur sa soif quant à ce qui concerne ses implications et inductions.

Wiyao Essohana, Pdt HAPLUCIA

L’Afrique à l’épreuve de la corruption La corruption est bien présente en Afrique, avec de graves conséquences pour le développement du continent.
A en croire un récent rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la corruption est la cause et l’effet d’une mauvaise gouvernance et d’institutions faibles, et constitue l’un des principaux obstacles à la transformation structurelle du continent. En termes chiffrés, ce rapport estime à environ 25% le pourcentage du PIB annuel du continent perdu pour cause de corruption. Soit 50 milliards de dollars par an, selon un panel de haut niveau sur les flux illicites présenté, en 2015, par Thabo Mbeki, l’ex-Chef d’Etat Sud-Africain. Un inquiétant constat qui a amené l’Union Africaine (UA) à adopter, depuis juillet 2003, une Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption, entrée en vigueur depuis 2006. Mais quinze ans après, le mal est loin d’être maîtrisé. D’où des politiques nationales de répression contre le phénomène au niveau de chaque Etat.

<<…ce rapport aurait donc apporté une plus-value à l’opinion s’il levait un coin de voile sur quelques délinquants financiers qui se sont déjà illustrés dans nombre de dossiers à scandale dans le pays…Aujourd’hui, les Togolais, qui n’en ont que faire des discours et effets d’annonce, veulent des actes concrets. Des dossiers fumants de la mauvaise gouvernance, on n’en compte plein au Togo…ils attendent que des têtes tombent, au prix de sanctions exemplaires. Ceci, pour servir d’alerte aux éventuelles velléités et envies brûlantes siphonnant l’économie nationale……>>

Grand Lomé, avec un taux de réponse estimé à 91%, indiquent que 77,2% des corrupteurs sont des riches et impliquent 57,2% des puissants hommes de tous les secteurs. Aussi, cèdent-ils plus à la corruption, 70% des agents de la Justice, 43,3% des financiers ou comptables, indique le même rapport.
Au regard des éléments chiffrés révélés par ce rapport, c’est donc une évidence indéniable que le phénomène a infesté le Togo. Ceci, dans toutes ses composantes socio- professionnelles. Une triste réalité qui, tenant compte des réalités de facilité, du moindre effort et de marché arrière-boutique qui infestent la société, semble encore loin de
s’estomper. Et dans un contexte national marqué par le militantisme et le zèle intéressés qui garantissent plus de facilités, d’ouverture et d’opportunités, il est fort à parier que dirigeants et dirigés soient impliqués à tous les niveaux. Ce qui constitue un handicap sérieux à la politique de lutte contre la Corruption et les Infractions
Assimilées, surtout si tant est que dirigeants constituent à la fois juges et arbitres deniers publics. En témoignent, à juste titre, la série de privatisations des sociétés d’Etat qui changent de dénominations mais sans pour autant jamais réussir à se relever convenablement. Tant le gouffre causé par ces tares est profond. De la CTMB, devenue OTP, IFG, puis aujourd’hui SNPT, à l’OPAT (disparu des radars) en passant par la SOTOCO (actuelle NSCT), la CEET(entre – temps Togo Electricité), le FER (devenu SAFER)…les exemples sont légion. Malheureusement, les institutions spécialisées dont dispose le Togo, parce que dépourvu de moyens, baignent dans une léthargie déconcertante. Une situation tendant à donner l’impression que le Togo ne crée ces institutions uniquement que dans l’intention non voilée de plaire aux partenaires en développement

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